Giuseppe De Nittis


Barletta 1846 – Saint-Germain-en-Laye 1884

« L’homme arriva à deux heures. La toile était un pastiche de la Place des Pyramides, qui appartient au Musée du Luxembourg […] Des pastiches de ce tableau courent le monde; il y en a dans toutes les collections particulières d’Italie […] J’appris que presque tous en fabriquaient, et j’étonnerais bien de gens si je citais les noms

G. De Nittis, Notes et Souvenirs, 1883

DE NITTIS BAT BEAUCOUP DE FRANÇAIS

On allait devant soi, sans savoir. Par moment on passait entre des pelouses mondaines où traînait la queue d’un paon blanc, des robes claires faisant bouquet. Un tableau de Nittis”.
J’ai trouvé ces lignes il y a quelques jours, en relisant les souvenirs parisiens d’Alphonse Daudet et je les rapporte ici parce qu’elles peuvent faire comprendre, mieux qu’un long discours, ce qu’il était devenu le petit peintre de Barletta pendant la dizaine d’années de sa gloire.
Il était arrivé à Paris à vingt ans dans un gris crépuscule sans lumière, avec beaucoup de volonté, peu d’argent dans sa poche (il avait été volé pendant le voyage), pas de relations et, seules lettres de présentation, certaines de ces prodigieux tableautins qui avaient enthousiasmé à Florence ses collègues Macchiaioli.
Après avoir présenté au Salon ses premiers tableaux, Peppino – comme l’appellaient ses amis et ses familiers – non seulement avait conquis rapidement le public, les critiques, les marchands, les collectionneurs, mais il était entré dans le vif de l’univers littéraire parisien, comme si c’était son milieu naturel, et il y avait trouvé son affirmation par sa personnalité unique.
Edmond de Goncourt, mémorialiste géniale mais caustique et sophistiqué, parle souvent de lui dans son célèbre Journal et il s’agit peut-être du seul personnage qui s’en tire bien. Et en feuilletant les minuscules carnets domestiques de Léontine, la femme du peintre, on y trouve notés tous les samedis soir les noms des invités qui se réunissaient chez les de Nittis: Manet, Zola, Oscar Wilde, la princesse Matilde Bonaparte, quelques italiens “de passage” tels que Telemaco Signorini, Diego Martelli et Edmondo de Amicis…bref, comme on l’aurait dit à l’époque, lorsque les rois valaient quelque chose, un vrai “parterre de rois”.
Giuseppe de Nittis était né à Barletta le 25 février 1846, quatrième enfant de don Raffaele de Nittis et de Teresa Buracchia. Ses parents étaient des riches propriétaires terriens, mais quelques mois avant la naissance de Giuseppe, don Raffaele fut emprisonné comme politiquement suspect: sorti de prison, après deux ans environ, à bout de ses nerfs, il se tua. Giuseppe grandit avec ses frères dans la maison de ses grands-parents paternels, et bientôt il démontra un faible intérêt pour les livres, mais en revanche une grande passion pour les crayons et les couleurs.
Après avoir reçu les premiers rudiments par Giovanni Battista Calò, en 1861, surmontant l’hostilité des siens, il entra à l’Institut de Beaux Arts de Naples.
Toutefois, l’école académique, ou pour mieux dire, l’école en général, n’était pas faite pour lui, et après deux ans de fréquentation il fut renvoyé de l’Institut pour des motifs disciplinaires: et certainement l’indiscipline était dans ses yeux qui voulaient “voir” sans les entraves des formules, voir et saisir la réalité, telle qu’elle est, dans l’instant, visages, arbres, maisons. Et le ciel, le ciel qui avec ses jeux de lumières et d’ombres devait lui inspirer tant d’accords chromatiques merveilleux, ainsi que les lignes passionnées de ses Souvenirs: “L’atmosphère, voyez-vous, je la connais bien. J’ai su la peindre. Je sais toutes les couleurs, tous les secrets de la nature”.
De 1836 à 1867 avec ses amis Rossano et de Gregorio, auxquels s’ajoutèrent plus tard Alceste Campriani, Antonino Leto et d’autres encore, il peint en plein air; Portici, Naples, Barletta, voient ces jeunes artistes enthousiastes qui, équipés de leur outillage, exposés au vent, à la canicule ou peut-être à de violentes giboulées, se consacrent à une véritable orgie d’ »études”. Ce fut pendant ces années là que le style de de Nittis se décida; dans ces journées libres et pleines il découvrit le secret de son art, il appris à voir le vrai plutôt que l’ « exact”, il forma sa main et sa palette. Scuola di Resina fut appelé le groupe: Repubblica di Portici le rebaptisa Domenico Morelli, non sans aigreur, puisque ces “indépendants” ne voulaient pas de maîtres.
En 1864 de Nittis eut sa première mémorable reconnaissance: deux parmi ses scènes minuscules intitulées L’avanzarsi della tempesta, mal exposées dans la salle des choses médiocres à l’occasion de la “Permanente” napolitaine. Mais l’oeil d’un visiteur d’exception, le sculpteur Adriano Cecioni, qui fut aussi l’un de nos critiques d’art les plus subtils, le découvra toute de suite et il loua le jeune peintre en lui prédisant le succès. En effet, deux ans plus tard, pendant la même exposition, de Nittis eut l’honneur de se voir achetés deux tableaux pour le compte du Roi: Un casale nei dintorni di Napoli et La traversata degli Appennini.
“Peppino”, désormais, n’ést plus un inconnu et dans le “clan” des jeunes artistes on prête attention à lui. Par l’intermédiaire de Cecioni sa renommée joint le groupe combatif des Macchiaioli florentins: ainsi, lorsqu’en 1866 il se rend à Florence il y est accueilli amicalement et ses minuscules panneaux de bois, exposés aussi à la “Promotrice” Florentine, suscitèrent l’enthousiasme, plus encore que l’approbation: Signorini, Borrani, Lega, Abbati, Sernesi, la compagnie animée du Caffè Michelangiolo, décreta au très vif Peppino les honneurs du triomphe: la délicatesse des tons qui caractérise ses oeuvres, la justesse de sa vision, l’agilité extrordinaire de sa main, leur semblent en effet celles d’un Maître.
Entre 1866 et 1867 de Nittis se rend à Naples, Palerme, Barletta, Rome, Florence, Venise, puis, l’été 1867, il est à Turin prêt à partir pour Paris.
Là aussi il est tout de suite apprécié. Gerôme l’encourage à “faire de la figure”; Meissonier lui propose de peindre les paysages qui vont servir de fond aux petites figures de ses tableaux payés au poid de l’or; Reutlinger lui achète pour trois cents francs (un capital!) deux petites tables. La vie devient plus facile pour lui, pourvu qu’il accepte des compromis avec son goût et son instinct. Il écrit au Cecioni pour lui demander son avis, et ce dernier lui répond: “Garde ton indépendance, tu ne peux être l’écolier de personne”.
Bien qu’il n’était pas “chair de marthyre”, comme le dit subtilement Diego Martelli, de Nittis écouta le sage conseil de son ami et, puisqu’ il n’avait presque plus d’argent, il rentra en Italie. Pas pour longtemps, d’ailleurs.
À la fin de 1868 il est encore à Paris où, en se rendant enfin aux conseils intéressés de Reutlinger ainsi qu’au désir de profits rapides, il se consacre vraiment à “faire de la figure”, du costume, des intérieurs, par sa virtuosité indéniable, sur les traces de Meissonier, de Stevens, de Fortuny, que toutefois il dépasse toujours grâce à ses couleurs exquises et à la magie de son dessin.
C’est Cecioni, encore une fois, qui le ramène sur le droit chemin de l’art, en le grondant, d’un ton bourru, après avoir vu les tableaux qu’il avait présenté au Salon de 1869: “Est-ce que tu a besoin de copier les autres, toi?”. Le peintre est tellement conscient de son tort, qu’il laisse en ébauche un grand tableaux, Concerto in giardino al tempo di Luigi XVI, pour s’abandonner à l’inspiration du vrai.
La guerre du 1870, en ramenant de Nittis aux lieux de sa formation artistique, va dissiper toute ambiguïté dans sa tête, tout en fixant une fois pour toutes son chemin.
Lorsque, en 1871, de Nittis rentre à Paris il est désormais prêt pour sa grande affirmation. En fait, au Salon de 1872, l’une de ses toiles de petite taille, La strada da Brindisi a Barletta, attirait l’attention de tout le monde et le rendait tout d’un coup célèbre. “Nous parlerons toujours” écrivit Paul Mantz [rédacteur de la “Gazette des Beaux-Arts”, n.d.r.]  « de l’ombre d’un bleu violacé que la petite diligence de de Nittis projette sur le terrein blond de sa route poussiéreuse. Cette ombre, si justement coloriée, a été un événement dans l’école moderne, elle a beaucoup servi aux Impressionnistes”.
De Nittis, qui avait signé un contrat avantageux avec le fameux marchand de tableaux Goupil, n’hésite pas à le rompre, même en se sacrifiant, pour garder sa liberté artistique menacée par l’aimable et rusé manager: ainsi, en 1874 le jury du Salon, qui était influencé par Goupil, n’accepte qu’un seul des trois tableux présentés par le peintre (Guidando al Bois, Tra le spighe del grano et Che freddo!), mais cette unique oeuvre, Che freddo!, obtient un succès éclatant.
Tandis que dans une belle lettre à Cecioni et aux amis florentins de Nittis se dit heureux d’avoir retrouvé son indépendence, dans ce même 1874 il envoie cinq toiles à la première, historique exposition des Impressionnistes “chez Nadar”. Avec lui il y a Degas, Renoir, Sisley, Pissarro, Boudin, Cézanne, Lépine, Bracquemond, Guillaumin, Berthe Morisot.
Toujours en 1874 de Nittis se rend pour la première fois à Londres et, grâce à sa capacité d’assimilation ainsi que de saisir ce qui est le caractère d’un lieu, d’un moment, se consacre toute de suite aux grandes toiles de vie londonienne. Ainsi que le gris serein du ciel de Paris, l’allure élégante de la “parisienne”, les arbres estompés du Bois avaient trouvé en lui l’interprète le plus précis et spirituel, de la même façon la tragédie enfumée des quartiers populaires et l’”ennui britannique” des quartiers chic, les brumes et la vie animée de Londres, trouvèrent par magie un reflet magistral dans les tableaux de cet homme du Sud qui “voyait anglais” mieux que n’importe quel anglais: Westminster et La domenica a Londra, Waterloo Bridge et Piccadilly sont parmi les témoignages les plus significatifs laissés par un peintre de la vie, de la physionomie, de l”humeur” d’une ville et d’un peuple dans un moment donné de son histoire.
Sa famille (de Nittis s’était marié en 1869 avec une parisienne, Léontine Gruvelle) et son travail, voilà dorénavant les uniques “aventures” de de Nittis: dix ans d’activité, en plein air dans la campagne napolitaine pendant ses brèves escapades en Italie, ou bien fermé dans un fiacre ou dans un cab pour saisir le rythme et le secret, pour “tâter le pouls” de Paris ou de Londres.
1878 est l’année de son triomphe à l’Exposition Internationale: légion d’honneur, un tableau, Le rovine delle Tuileries, acheté par le Gouvernement français pour le Musée d’Art Moderne, un autre, La place des Pyramides, donné par le peintre reconnaissant (après l’avoir racheté 25.000 francs à la Maison Goupil) au même Musée (où il se trouve ancore). Des honneurs, des critiques, des jalousies.
De petite taille, rondelet, piquant, débonnaire, regorgeant de vitalité par son visage brun, encadré par une petite barbe noire. De Nittis rit, se met en colère, laisse dire et travaille. Dans les dernières années de sa vie il s’éprend du pastel. Il s’agit d’une technique qui convenait à son esprit, à sa passion pour les nuances délicates et précieuses. Il attaque le procédé avec un esprit nouveau et intelligent, tout en réalisant des portraits du vrai, des vues de ville, ainsi que ses célèbres scènes des Cours à Longchamps.
Mais trop de travail a épuisé sa constitution robuste. Dans les derniers mois il est saisi par une torpeur étrange, une mélancolie inconnue. Son oeil si pénétrant se voile, il ne voie plus clairement. Pourtant, encore, il peint jusqu’aux derniers moments, avec une énérgie désespérée, même si la toile lui apparaît comme tachetée de mille mouchetures noires. Sur son chevalet s’alternent deux ou trois mises en page de la même scène en plein air: sa femme et son fils dans un jardin. Le 21 août 1884 il meurt frappé d’une congestion cérébrale. En quelques heures..
De Nittis ne peut pas être rangé dans aucune école, aucun “mouvement”. Il passa à travers l’académie napolitaine vieille et neuve, à travers l’académisme travesti de Gerôme et Meissonier, à travers le “Macchiaiolismo” et l’Impressionnisme: et il resta, au fond, toujours fidèle à soi même. De l’Impressionnisme il accepta ce qui s’accordait avec son instinct, et le complétait, et il en ressentit et suivit les deux recheches principales, celle de l’atmosphère et celle du caractère de la vie moderne, mais il ne poussa pas l’une jusqu’aux défaites harmonies chromatiques d’un Monet, ni l’autre aux déformations cruelles de cet “ennémi de la grâce” qui était Degas.
Il évitait toute théorie rigide et sa technique variait en fonction d’une nécessité: ainsi, en examinant ses toiles, nous y voyons la juxtaposition des “couleurs pures” quand il est question d’obtenir une note resplendissante, à la manière des Impressionnistes, mais le plus souvent les tons sont créés sur la palette, ou bien par des glacis qu’il obtenait à l’aide de sa main experte. En outre, de Nittis n’élimina pas entièrement, contrairement à Monet, Renoir ou Zandomeneghi, le “bitume” de sa palette, qui pourtant n’est jamais sale.
Sensibile à la poésie des gris chauds et des tons fins soutenus par des armatures delicates et des appuis bruns, il n’a pas beaucoup de rivals dans la richesse de ses harmonies en ton mineur: ce n’est pas par hasard qu’il était un fervent admirateur de Corot. Toutes ses inquiétudes, ses contradictions apparentes, ses recherches de pastelliste et d’acquarelliste, sa passion pour les estampes japonaises et pour les affiches multicolores, témoignent de son anxieté de saisir, retenir l’insaisissable, l’air, la lumière, le mysthère des reflets qui modifient les colorations et dévorent ou exaltent les formes. “On devrait”, disait-il, “pouvoir peindre une statue de bronze telle qu’elle apparaît éclairée par un soleil à plomb au milieu d’une campagne éclatante…”.
Il fut appelé le Guardi de son temps et sans doute ses tableaux sont un témoignage très précieux qui nous permet de reconstruire l’esprit de l’époque encore proche, et pourtant déjà lointaine, où il vécut, ainsi que le caractère de la ville qu’il représenta. Personne n’a traduit comme lui le charme subtil des rues parisiennes, l’étrange intensité de leur vie et cette atmosphère tantôt pleine d’une poudre fine qui voile toute chose, tantôt si limpide et piquante qu’elle donne l’impression d’être dans un univers de cristal. Et Londres, cette usine colossale, fumeuse, noirâtre, lépreuse et millionnaire, par quel oeil il l’observa.
Ainsi que Degas sous l’influence des Japonais, de Nittis réalisa que la vie nous présente souvent les choses sous des angles particuliers: depuis une terrasse, depuis la fenêtre d’un train, du dessous d’un pont.
De la femme il remarqua souvent – ce qui lui fut reproché – le côté gracieux, séduisant. Il la rendit comme il la ressentit, tout en créant un type reconnaissable, la parisienne recueillie et coquette du 1880, ainsi que Boldini devait créer celle de la Belle Époque (1890-1914), frétillante et serpentine, et le hollandais Van Dongen celle de 1920 aux cils étoiles et aux longues jambes gainées de bas en soie. On comprend bien comment, à un’époque où le costume historique prédominait et le costume contemporain, lorsqu’il apparaissait, était étudié sur des modèles qui venaient juste de déposer le péplum et la crinoline, ce Che freddo! si piquant et spontané devait obtenir un succès foudroyant avec ces trois petites femmes frissonnantes et riantes au Bois.
Nous n’avons plus bien conscience aujourd’hui de la notoriété extraordinaire dont de Nittis jouit de son vivant”, écrivit Bénédite, un cèlèbre critique français. Et en effet, lorsqu’il arriva la nouvelle de sa mort, les commentaires de la presse furent nombreux et emus. Il y eut même un critique qui, un recourant à une affectueuse hyperbole, observa que la disparion du peintre italien “décapitait” à la fois l’Impressionnisme et la peinture éuropéenne…À ses funérailles participèrent les amis Dumas, Degas, Rodin, Puvis de Chavanne, Forain, Daudet. Enterré au Père Lachaise, juste à quelques pas de Cherubini, il eut une épigraphe qui résonne comme un coup de trompette: « Ci-gît Joseph de Nittis mort à trent-huit ans en pleine jeunesse, en plein amour, en pleine gloire comme les héros et les demi-dieux. » C’était Alexandre Dumas fils qui l’avait dictée.

1846
Giuseppe De Nittis naît à Barletta (Pouilles) le 25 février, dans une famille aisée de propriétaires fonciers.

1861
Après avoir étudié la peinture avec Giambattista Calò, originaire de Barletta mais élevé à Naples, et avec Dartoli, peintre influencé par Domenico Morelli, au mois de décembre il pose sa candidature pour accéder à l’Institut de Beaux Arts de Naples.

1862
Admis à l’Institut, il suit les cours de Giuseppe Mancinelli et Gabriele Smargiassi.

1863
À cause de son tempérament rebelle et antiacadémique, il est expulsé de l’Institut. Il s’installe à Portici, près de Napoli, où il fréquente, entre autres, Marco De Gregorio et Federico Rossano. Il crée avec eux la “Scuola di Resina” – nommée aussi par ses adversaires “Repubblica di Portici”, – dans le but de représenter la nature sur le vif, renversant les canons traditionnels.

1864
Il réalise sa première oeuvre datée, Appuntamento nel bosco di Portici. Il participe à la troisième “Promotrice” napolitaine. Ses tableaux, parmi lesquels Pianura nei dintorni di Barletta et une Marina, sont remarqués par le peintre et raffiné critique d’art Andrea Cecioni.

1866
Il peint Casale nei dintorni di Napoli, aujourd’hui au Musée de Capodimonte (Naples).

1867
Au mois d’août il se rend à Paris, où il connaît Gérôme et Meissonier. Influencé par ce dernier, il réalise des “scènes de genre”. Il entre en contact avec le marchand d’art Adolphe Goupil. En octobre il est à Florence pour l’exposition de la “Promotrice”. Ses oeuvres, en particulier La traversata degli Appennini (Musée de Capodimonte), obtiennent un grand succès parmi les Macchiaioli.

1868
En automne il est de nouveau à Paris, décidé, cette fois, à y demeurer d’une manière plus stable. Il signe un contrat avec Goupil, et un autre avec le marchand allemand Reitlinger.

1869
Il se marie avec Léontine Gruvelle. Il expose au Salon des “scènes de genre” avec des personnages en costume – selon le goût de la Maison Goupil – qui sont très appréciées.

1870
Au printemps il emménage avec sa femme dans la maison de campagne de Jonchère. Il participe de nouveau au Salon en présentant Signora presso il caminetto et Visita mattutina. À la suite de la guerre franco-prussienne il se voit contraint de rentrer dans sa terre natale, où il reprend avec plaisir la peinture en plein air au cours d’incursions dans la campagne ensoleillée du Sud de l’Italie.

1871
Des Pouilles il se rend en Campanie, mais en septembre, à la fin de la Commune, il regagne Paris à nouveau.

1872
Au début de l’année il signe un contract d’exclusivité avec Goupil. Il emménage donc avec Léontine à Portici, où il peint Strada da Brindisi a Barletta. Au mois de mai le tableau est exposé avec succès au Salon. À cette période remonte la serie d’huiles sur panneau réalisées sur les pentes du Vésuve en éruption.
En juillet son fils Jacques naît à Resina.

1873
À la mi-février il rentre à Paris, où il connaît Degas. Il est désormais intentionné à peindre sans contraintes, en se consacrant, par son regard de flâneur, à la représentation du Paris moderne et haussmannien. C’est au cours de cette année qu’il réalise Al Bois de Boulogne, scène de vie mondaine et élégante.

1874
Il participe au Salon avec Tra le spighe del grano et Che freddo!, très bien accueillis par la critique. En avril, invité par Degas, il prend part à la première exposition des Impressionnistes “chez Nadar” en envoyant cinq oeuvres: Paesaggio presso Blois, Vesuvio sotto la luna, Campagna vesuviana, Studio di donna, Strada d’Italia. Goupil, qui n’approuve pas ce qui est hors des circuits officiels, lui rappelle les termes de son contrat. De Nittis, mal à l’aise avec lui comme avec les “peintres rebelles” , se rend à Londres avant même le vernissage et rompt avec Goupil. Outre-Manche il connaît Mr. Mardew ainsi que le banquier Kaye Knowles, qui va devenir son principal collectionneur.

1875
Il expose au Salon Place de la Concorde sotto la pioggia et Veduta di Bougival. Lors d’un nouveau séjour londonien il peint Piccadilly. Pendant l’été il rentre en Italie en passant par la Suisse, où il réalise Sul lago dei Quattro Cantoni, un tableau qui fera partie de la collection Ojetti.

1876
En avril il présente au Salon Sulla strada di Castellammare et Place des Pyramides. Cette dernière est l’une de ses oeuvres les plus célèbres.

1877
Toujours au Salon il présente Parigi vista dal Pont Royal, ainsi que les acquerelles Boulevard Haussmann et Place Saint Augustin.

1878
Il prend part à l’Exposition Universelle de Paris avec une serie de vues londoniennes et parisiennes qui le consacrent comme le peintre de la ville contemporaine, en mesure de voir “le vrai” dans ses moindres détails. Entre autres: Place des Pyramides, Green Park, Westminster, Trafalgar Square, Ritorno dalle corse, L’avenue del Bois de Boulogne. Il obtient une médaille, puis la Légion d’Honneur. Il est au sommet de son succès artistique et mondain.

1879
Il passe l’année entre Londres, Paris et Naples. Au Salon il présente hors concours La venditrice di fiammiferi a Londra. En Italie il peint Il pranzo di Posillipo. Il commence à se mesurer avec la technique du pastel, en l’amenant au maximum de ses possibilités d’expression.

1880
La famille de Nittis déménage rue Viète, dans l’élégant quartier Monceau. L’habitation va devenir un point de rencontre des artistes et intellectuels français les plus en vue de l’époque – Degas, Manet, Desboutin, Caillebotte,  les Goncourt, Daudet, Duranty, Clarétie, Hérédia –, invités par l’entreprenante Léontine aux réceptions du samedi soir. Le peintre commence La parfumerie violet. Il participe à l’Exposition Nationale de Turin avec cinq oeuvres, entre autres Ritorno dalle corse, Passa il treno et Nei campi intorno a Londra. L’accueil est très froid.

1881
Il présente au Cercle des Mirlitons le triptyque Le corse al Bois de Boulogne (Rome, Galerie d’Art Moderne) ainsi que quinze autres grands pastels.
À cause d’une bronchite il est alité pendant une longue période.

1882
Il travaille sans relâche. Il peint, entre autre, un des portraits les plus captivants de son épouse Léontine, Giornata d’inverno.
Son frère Vincenzo meurt suicidé à Naples.

1883
Il réalise un de ses derniers chefs-d’oeuvre, Il salotto della contessa Mathilde, hommage à la haute société parisienne et au milieu littéraire. Le Ministre français Jules Ferry achète pour le Musée du Luxembourg Les ruines des Tuileries. En décembre l’artiste se rend en Italie pour hiverner dans un climat plus doux, mais ses mauvaises conditions de santé l’empêchent de travailler.

1884
De retour à Paris, il envoie au Salon La guardiana delle oche et Colazione in giardino. Il achève son seul autoportrait en pied, dans la maison de rue Viète. En juin il s’installe avec sa femme à Saint-Germain-en-Laye. Le 21 août il meurt d’une congestion cérébrale, sans pouvoir terminer L’amaca, dernier portrait de sa bien-aimée Léontine.

1876
J. Clarétie, J. De Nittis, in “La Presse”, giugno

1879
R. Duranty, De Nittis, in “La Vie Moderne”, 19 giugno

1881
P. Mantz, Les pastels de M. J. De Nittis, in “Le Temps”, 24 maggio

1884
D. Martelli, Giuseppe De Nittis, in “Fieramosca”, 13 settembre (ristampato in Scritti d’arte di Diego Martelli, a cura di A. Boschetto, Sansoni Editore, Firenze 1952)

1905
V. Spinazzola, Giuseppe De Nittis, Dellisanti, Barletta, 1905

1914
V. Pica, Giuseppe De Nittis. L’uomo e l’artista, Alfieri & Lacroix, Milano
V. Pica, Giuseppe De Nittis e la scuola napoletana di pittura, in “Emporium”, maggio

1926
L. Bénédite, De Nittis 1846-1884, René Van den Berg, Parigi

1929
E. Piceni, De Nittis, “Poligono”, a. III, nn. 1-2, gennaio-febbraio

1933
E. Piceni, Giuseppe De Nittis, Istituto Nazionale Luce, Roma

1934
E. Piceni, Giuseppe De Nittis, Mondadori, Milano

1950
E. Piceni, Note e ricordi di De Nittis, insegnò ai francesi a veder le loro donne, in “Corriere d’Informazione”, 10-11 marzo

1955
E. Piceni, De Nittis, Mondadori, Milano

1963
M. Pittaluga-E. Piceni, De Nittis, Bramante, Milano
G. De Nittis, Taccuino 1870-1884, Leonardo da Vinci, Bari

1964
G. de Nittis, Taccuino 1870-1884, a cura di E. Mazzoccoli -N. Rettmeyer (con prefazione di E. Cecchi), Bari

1966
E. Piceni, De Nittis, in “I Maestri del colore”, Fabbri, Milano

1971
M. Monteverdi-E. Piceni, I De Nittis di Barletta, Azienda Autonoma Soggiorno e Turismo, Barletta

1979
E. Piceni, De Nittis. L’uomo e l’opera, vol. I, Bramante, Milano

1980
E. Piceni, De Nittis batte tanti francesi, in “Casaviva”, n. 74, febbraio

1982
E. Piceni, De NittisL’uomo e l’opera, vol. II, Bramante , Milano

1984
E. Piceni, Giuseppe De Nittis ci sorprende ancora, in “Arte”, n. 144, settembre

1990
R. Bossaglia, La lezione di De Nittis, in catalogo della mostra (Milano-Bari, 1990), pp. 58-63

P. Dini-G.L. Marini, De Nittis. La vita, i documenti, le opere dipinte, Allemandi, Torino

G. Matteucci, Un “gentiluomo dell’Impressionismo”, in catalogo della mostra (Milano-Bari, 1990), pp. 30-47
R. Monti, Tra “vero” e “voir”: l’itinerario artistico di De Nittis, in catalogo della mostra (Milano-Bari, 1990), pp. 10-18

1998
C. Farese Sperken, Giuseppe De Nittis e il suo “entourage”, in catalogo della mostra (Livorno, 1998-1999), pp. 66-71
G. Matteucci, “Intender non la può chi non la prova…”, in catalogo della mostra (Livorno, 1998-1999), pp. 9-28

2001
G. Belli, Impressionisti? No grazie!, in catalogo della mostra (Trento, 2001), pp. 11-15
C. Farese Sperken, Modernità e mondanità nell’opera di Giuseppe De Nittis, in catalogo della mostra (Trento, 2001), pp. 47-53
C. Sisi, Diego Martelli e la nouvelle peinture, in catalogo della mostra (Trento, 2001), pp. 23-29

2002
P.G. Castagnoli, Lo sguardo del flâneur nella pittura di De Nittis, in catalogo della mostra (Torino, 2002), pp. 11-15
B. Cinelli, Giuseppe De Nittis: “paysagiste de la rue parisienne”, in catalogo della mostra (Torino, 2002), pp. 17-37
M. M. Lamberti, Mitografie parigine nel secondo Ottocento, in catalogo della mostra (Torino, 2002), pp. 39-55

2004
R. De Grada, De Nittis, impressionista italiano …ed europeo, in catalogo della mostra (Roma-Milano, 2004-2005), pp. 29-31
A. Paolucci, De Nittis e la poesia della città moderna, in catalogo della mostra (Roma-Milano, 2004-2005), pp. 27-28

2010
E. Angiuli, Giuseppe De Nittis: “Je serai peintre”, in catalogo della mostra (Parigi- Parma, 2010-2011), pp. 12-17
M. Lagrange, Giuseppe De Nittis et le tourbillon de la vie parisienne, in catalogo della mostra (Parigi- Parma, 2010-2011), pp. 18-25

2013
E. Angiuli, Giuseppe de Nittis, in catalogo della mostra (Padova, 2013), pp. 12-22
G. Matteucci, Due artisti, due anime, due destini, in catalogo della mostra (Padova, 2013), pp. 30-41
P. Nicholls, Marketing in diretta. Goupil e gli artisti italiani al Salon 1870-1884, in catalogo della mostra (Rovigo-Bordeaux, 2013-2014), pp. 76-83
P. Serafini, La Maison Goupil e gli artisti italiani. Dall’identificazione dei dipinti contenuti nei registri acquisti e vendite alla storia del gusto e del collezionismo: uno dei percorsi possibili, in catalogo della mostra (Rovigo-Bordeaux, 2013-2014), pp. 16-55

1869
Parigi, Salon

1878
Parigi, Exposition Universelle de Paris

1880
Torino, IV Esposizione Nazionale di Belle Arti

1886
Parigi, Galerie Bernheim Jeune De l’Art, J.De Nittis. Tableaux, Pastels, acquarelles, dessins, études et croquis, maggio

1901
Venezia, IV Esposizione Internazionale d’Arte

1914
Venezia, XI Esposizione Internazionale d’Arte

1925
Roma, III Biennale Romana

1930
Londra, Burlington House, Exhibition of Italian Art Held in the Galleries of the Royal Academy, gennaio-febbraio

1934
Barletta, Cinquantenario della morte di Giuseppe De Nittis. Mostra retrospettiva, settembre-ottobre

1946
Roma, Palazzo Venezia, Mostra di dipinti francesi in Italia e italiani in Francia

1949
New York, Galleria Wildenstein- Metropolitan Museum, Pittori italiani dell’Ottocento, gennaio-marzo

1963
Napoli, Villa Comunale, Padiglione Pompeiano, De Nittis e i pittori della “Scuola di Resina”, a cura di E. Piceni

1984
New York, Stair Sainty Matthiesen, Three Italians Friends of the Impressionists. Boldini, De Nittis, Zandomeneghi, a cura di G. Matteucci-E. Steingräber, 14 marzo-20 aprile

1986
Montecatini Terme-Torino, Azienda Autonoma di Cura e Soggiorno-Mole Antonelliana, Dal Caffè Michelangelo al Caffè Nouvelle Athènes. I Macchiaiioli tra Firenze e Parigi, a cura di P. Dini, 23 agosto-5 ottobre, 25 ottobre-30 novembre

1988
Montecatini Terme, Azienda Autonoma di Cura e Soggiorno, La donna e la moda nella pittura italiana del secondo ‘800 nelle collezioni private, a cura di P.Dini, 30 luglio-30 settembre

1990
Milano-Bari, Palazzo della Permanente-Pinacoteca Provinciale, Giuseppe De Nittis, a cura di R.Monti-C.Farese Sperken-G. Matteucci-M. Basile Bonsante-R. Bossaglia, aprile-maggio, giugno-settembre

1998
Mariano di Traversatolo (Parma), Giuseppe De Nittis. I dipinti del Museo Civico di Barletta alla Fondazione Magnani Rocca,  a cura di M. B. Bonsante- C. Farese Sperken, aprile-giugno

1998-1999
Livorno, Villa Mimbelli, Museo Civico “Giovanni Fattori”, Aria di Parigi nella pittura italiana del secondo Ottocento, a cura di G. Matteucci, 4 dicembre-5 aprile

2001
Trento, Palazzo delle Albere, Boldini, De Nittis, Zandomeneghi. Mondanità e costume nella Parigi fin de siècle, a cura di G. Belli, 12 aprile-29 luglio

2002
Torino, Galleria Civica d’Arte Moderna e Contemporanea, Giuseppe De Nittis e la pittura della vita moderna in Europa, a cura di P.G. Castagnoli, 16 febbraio-26 maggio

2003
Ferrara, Palazzo dei Diamanti, Degas e gli italiani di Parigi, a cura di A. Dumas, 14 settembre-16 novembre

2004
Mozzecane, Villa Vecelli Cavriani, De Nittis a Léontine, a cura di I. Chignola-P. Bertelli, 1 febbraio-30 maggio

2004-2005
Roma-Milano, Chiostro del Bramante-Fondazione Antonio Mazzotta, De Nittis. Impressionista italiano, a cura di R. Miracco, 13 novembre-27 febbraio, 22 marzo-19 giugno

2006
Barletta, Palazzo della Marra- Pinacoteca De Nittis, De Nittis e Tissot. Pittori della vita moderna, a cura di E. Angiuli-K. Spurrell, 12 marzo-2 luglio

2007
Barletta, Palazzo della Marra, Pinacoteca G. De Nittis, Zandomeneghi, De Nittis, Renoir. I pittori della felicità, a cura di T. Sparagni-E. Angiuli, 31 marzo-15 luglio

2010-2011
Parigi-Parma, Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris-Palazzo del Governatore, Giuseppe De Nittis. La modernité élégante, a cura di G. Chazal-D. Morel-E. Angiuli, 21 ottobre-16 gennaio, 6 febbraio-8 maggio

2013
Padova, Palazzo Zabarella, De Nittis, a cura di E. Angiuli-F. Mazzocca, 19 gennaio-26 maggio

2013-2014
Rovigo – Bordeaux, Palazzo Roverella, Galerie des Beaux-Arts, La Maison Goupil e l’Italia. Il successo italiano a Parigi negli anni dell’Impressionismo, a cura di P. Serafini, 22 febbraio-23 giugno, 23 ottobre-2 febbraio