Giovanni Boldini


Ferrare 1842 – Paris 1931

“Ce qui est très embêtant sont les faux Boldini fabriqués à Florence, ceux que je vis à Rome et ceux que tu décris…si je pouvais décrouvir les faussaires je te jure que je leur ferais passer un mauvais moment! Mais avec un peu de patience je finirai par les trouver”

G. Boldini à Alaide Banti, 7 mai 1913

LE PEINTRE DE LA BELLE ÉPOQUE

Il était un vrai vilain petit canard: ses jambes étaient trop courtes, son buste trop corpulent, sa tête trop grande. Personne n’aurait pu imaginer, en observant le petit “Zanin”, que quelques lustres plus tard il serait devenu le grand Jean Boldini, un des monstres sacrés du Paris fin de siècle; ou bien que son grand lit de style Empire aurait accueilli les femmes les plus charmantes de la Belle Époque.
Né à Ferrare en 1842, huitième enfant d’Antonio Boldini, un restaurateur habile ainsi qu’imitateur de la peinture ancienne, Giovanni, Giusto, Filippo, Maria Boldini ne fut pas accueilli par un enthousiasme ni des attentions particuliers. Il n’était qu’un enfant de plus, arrivé après beaucoup d’autres et avant beaucoup d’autres, bien que doué d’une nature très différente, comme on le comprit bientôt. À l’âge de cinq ans il s’était déjà créé une tranche d’univers tout à lui dans la maison paternelle, un tout petit refuge, secret, où il amassait avec persévérance des crayons, des couleurs et de petits pinceaux qu’il choisissait dans le chaos de l’atelier de restauration. Et là, dans cette cachette, il dessinait et il décorait de fresques tout espace à portée de sa petite main trapue et potelée (et que telle serait restée toute sa vie durant), une main dont on n’arrive pas à imaginer qu’elle puisse avoir tracé les dessins les plus aériens, les plus mordants, les plus endiablés, les plus sophistiqués du monde.
Mais les ailes du génie ne peuvent pas être si facilement coupées. Exactement comme dans la fable d’Andersen le vilain petit canard commença bientôt à se transformer en cygne. À dix ans il était encore de trop petite taille pour son âge, mais il avait une allure “imposante” et un peu impérieuse, il se tenait très droit voulant paraître plus grand, il avait un front vaste auréolé de boucles blonds, la bouche charnue et souriante (lorsqu’il souriait), les yeux bleus, lumineux, souvent tendres, plus souvent encore d’acier. Enfin les pieds: ces pieds petits et élancés don’t il fut toujours orgueilleux et que toujours il chaussa avec une grande elegance: tout en lui faisait penser déjà à l’artiste précoce et original dans sa manière d’observer, de juger, d’interpréter promptement n’importe où ni par quel moyen – craie, crayon, fragment de brique – infatiguable, indomptable.
Du coup, même si son refuge, le “grenier”, ainsi qu’il l’appelait, été resté miraculeusement secret, son père ne put s’empêcher de constater les penchants de son extravagant Zanin.. “Ce garçon a vraiment l’air d’être d’une autre couvée”, confiait-il à un ami. ”Il n’est qu’un enfant et il raisonne déjà comme un homme, comme un artiste. Un jour je lui ai demandé pourquoi il affectionnait Béatrice plus que tous ses frères et soeurs. Parce qu’elle est la plus belle, il ma répondu, et qu’elle a l’allure d’une dame. Figure-toi! Il veut être peintre! Mais, moi vivant, aucun de mes enfants n’entreprendra ce métier. Je ne veux pas qu’ils crèvent de faim comme moi”.
Un jour Zanin, en rentrant de l’école, a la désagréable surprise de voir, en haut de l’escalier, la porte grande ouverte de son “refuge secret”. Il monte pour protester, il constate d’emblée les signes de la violation, hors de lui il dégringole l’escalier et…arrivé dans la pièce commune il voit, dans le salon voisin, son père qui montre, non sans émotion, un petit tableau à un inconnu: “Regardez…c’est d’un enfant de douze ans!”. Le garçon s’approche dans la crainte de recevoir une correction, mais le vieux restaurateur, le caressant, dit avec un sourire de fierté: “Il faudra bien qu’il fasse de la peinture, mon Zanin, puisqu’il en sait plus que moi-même…”
Son destin était décidé. L’atelier paternel pour la technique, et le milieu de la superbe Ferrare, riche en oeuvres d’art, si chargée de suggestions et d’enseignements, lui offraient tous les enchantements et les chances possibles: il pouvait désormais travailler à découvert, frénétiquement comme d’habitude, et pour se reposer il se plongeait dans le monde de la musique qui l’attirait presqu’autant que celui de la peinture, et dans le monde de l’amour, en tombant amoureux des jeunes filles qu’il charmait par son esprit et son audace naturelle. Déjà à partir de cette époque, tout ce que le crayon de Boldini touchait prenait vie et se transformait en argent. Il fut assiégé, de la part d’amis plus ou moins jeunes, de commandes de ces portraits de petite taille si spirituels et ressemblants, “avec quelque chose en plus”, qu’il savait rapidement réaliser avec maîtrise.
Boldini, qui était alors un jeune homme, savait bien ce qu’il voulait: peindre et s’évader. L’admirable milieu de cette ville du silence ne lui suffisait plus, il le limitait, il le suffoquait, il lui avait déjà donné tout ce qu’il lui pouvait donner. Florence, au contrarie…Un nouveau monde, une ville en plein mouvement où les “Macchiaioli”, qui se proposaient de livrer une guerre sans merci à un’Académie ayant largement fait son temps, “causaient du scandale”, tantôt critiqués, tantôt respectés, exactement comme il serait arrivé aux Impressionnistes dix ans plus tard à Paris.
Grâce à ses portraits de petits format et aux autres commandes, Giovanni avait mis de côté une petite somme, mais un vrai coup de chance (l’un des plusieurs dans sa vie), accéléra les choses: un oncle chanoine lui laissa, un mourant, deux mille livres en héritage. Ému (mais pas trop) du fait de devoir quitter non seulement sa maison et sa ville natale mais aussi une jeune fille, Boldini, âgée de vingt ans, plus confiant que jamais en ses capacités artistiques et en son aspect extérieur suite à ses premiers succès sentimentales (ses bons profits lui avaient permis quelques excursions dans le domaine du “dandysme”) prend le train pour Florence.
Il aurait dû s’agir d’un voyage de recherche, d’orientation: il se révéla, au contraire, une étape importante pour sa vie de peintre. Boldini s’engagea tout de suite dans des études, mais comme on l’aurait pu prévoir, il en eut bientôt marre de l’Académie, vieille cuisine déjà bien digérée. Il était beaucoup plus intéressé par le Caffè Michelangiolo et les Macchiaioli, qui y tenaient leurs réunions animées et tumultueuses. Il se lia d’amitié surtout avec Banti et Gordigiani, mais il fut accueilli joyeusement aussi par les autres: Signorini, Borrani, Cabianca, Abbati. Tous des excellents artistes, ils comprirent d’emblée que ce type bizarre était l’un des leurs, et l’un des meilleurs et des plus talentueux.
Le peintre de Ferrare s’amusait bien au Caffè Michelangiolo: les autres criaient, discutaient, dénigraient; lui, il dessinait leurs figures avec un esprit caricatural (parfois féroce), en ne s’arrêtant que de temps à autre pour adresser une réplique cinglante à leurs provocations malicieuses.
Qu’est-ce que lui apporta le séjour sur les bords de l’Arno, interrompu naturellement par des escapades dans sa Ferrare pleine de souvenirs, à Naples, à Paris, à Monte-Carlo, seul ou avec des amis? D’abord, il lui ouvrit de nouveaux horizons (Florence, comme on dit, était une ville de province, mais une province de luxe habitée par des talents), en lui permettant d’accroire ultérieurement son assurance innée, de raffiner son geste instinctif, cette soif qu’il avait pour les choses désirables, les bijoux, les étoffes précieuses, les voitures commodes, les chevaux et les femmes. Il comprit une fois pour toutes que ses petites mains potelées, obstinément enfantines, pouvaient lui ouvrir, en empoignant un pinceau ou un crayon, les portes des paradis les plus inattendus.
Puis, la fréquentation quotidienne de peintres tels que Fattori et Lega, le contact avec des personnages qui unissaient l’art à la culture – Banti, Signorini, ou le critique d’art Diego Martelli et le sculpteur Adriano Cecioni – lui ouvraient les yeux sur les problèmes et les possibilités d’un art anxieux de se renouveler. Comme on l’a vu, Boldini ne parlait pas beaucoup et travaillait activement, mais rien ne lui échappait et dans ce miraculeux ordinateur qui était son cerveau il entassait des donnés et des impressions qui lui seraient revenues dans la tête, fulgurants, plusieurs année plus tard.
En tous cas, c’est à Florence qui eut lieu la première incarnation de Boldini, le Boldini “macchiaiolo”. À part les travaux de routine acceptés et réalisés, avec l’ami Gordigiani, pour des nécessités pratiques, Giovanni acheva une série d’oeuvres, dont la plupart de petite taille, comme presque toujours dans ses “premières manières”, mais significatives du point de vue pictural. Ainsi que tous les hommes de génie, Boldini était né avec une personnalité déjà bien définie et puissante, tout en étant en mesure de capter rapidement et de sceller à sa manière ce qui était, justement, propre à sa nature. Il détestait les théories, le bavardage sur la peinture e la non-peinture, mais les possibilités que la “macchia”, les couleurs pures, les encadrements immédiats et pas très académiques offraient à l’artiste ne le laissaient pas indifférent.
Fut ainsi que prit corps cette petite série de chefs-d’oeuvre composée par les portraits de ses compagnons d’art: Cabianca, Fattori, Bechi, Abbati, Andreotti et Banti. Aussi significatifs et palpitants que ceux du Boldini parisien, dont les coups de pinceau rappellent des coups de sabre. L’intuition psychologique et la liberté d’exécution, conjuguées comme toujours à une techinque prodigieuse, font de ces petits tableaux de bois à peine un peu plus grand que la main une synthèse de ce que la Toscane pouvait extraire de Boldini.
Il ne faut pas oublier non plus les nombreuses, petites impressions de la campagne toscane, si nerveuses, si vraies, si “macchiaiole” et pourtant si irrémédiablement empreignées de cette élégance (élégance intime, profonde, involontarie, soufferte peut-être) que dès les premières épreuves apparut comme l’empreinte de l’artiste. Ça ne veut pas dire que déjà à l’epoque Boldini ne savait pas faire face avec nonchalance au grandes surfaces. Pendant son séjour à côté de Pistoia, invité par une famille anglaise, les Falconer, dans leur villa “La Falconiera”, il décora les murs de la salle à manger, pour laisser un souvenir de soi, avec les scènes et les visions agrestes que l’on pouvait goûter par les fenêtres de la limpide villa toscane.
Boldini, donc, travaillait, aimait, connaissait les joies de l’amitié et du succès. Mais il y avait quelque chose qui le rongeait de l’intérieur, une voix qui lui murmurait, depuis toujours: Paris! Naturellement Boldini, avec son caractère ferme, ne pouvait pas tenir beaucoup. Il plia bagages, laissa des oeuvres inachevées, des coeurs brisés, des revenus certains, et s’en alla.
Il arriva à Paris dans une période exceptionnelle: l’Empire de Napoléon III apparaissait superbe et inattaquable, la grande Exposition du ’67 avait témoigné de la floraison extraordinaire d’une France très riche, avec ses colonies. Petit, si petit et perdu dans cette immense métropole où presque personne ne le connaissait, l’italien eut un moment de vertige. Mais ça ne dura pas longtemps.
Boldini, que dans ces courtes journées avait visité tous les musées, avais vu un tas de choses nouvelles, avais connu Degas, Manet, Sisley, mais surtout avait respiré l’air de Paris, s’était égaré dans cette foule remuante, en errant parmi les masures de Montmarte et les palais de la Rue de la Paix. Il rentra à Florence inquiet, impatient, prêt aux aventures les plus périlleuses. Il n’en pouvait plus.
Il ne rêvait que de Paris, de ses combats artistiques, de ses theâtres, de ses cafés, de ses “salons” bondés de femmes magnifiques…Quoi faire? Une fois de plus sa bonne étoile l’enleva de cet état de trouble.
Un riche anglais, Sir William Cornwallis West, mécène et peintre lui-même, qu’il avait connu par l’intermédiaire de son ami Gordigiani, s’engoue de ce petit homme revêche, l’invite avec insistance à Londres et pour lui faciliter les choses met à sa disposition son propre atelier dans un palais de Hyde Park, fréquenté par la haute société Londonienne. Après avoir été présenté dans une maniére aussi péremptoire, il reçut bientôt les premières commandes. Boldini réalisait des portraits de petite taille, par une techinque et une élégance sobres, très anglaise cette dernière et pourtant très personnelle. La ressemblance, indiscutable, était ravivée par le charme d’une peinture immédiate. Il avait vu les grands portraitistes anglais du XVIIIe siècle, mais s’il en avait tiré quelques petites suggestions, il était resté Boldini, rien que Boldini.
Il se fit tout de suite payer quarante livres par tableau, une somme énorme pour un jeune peintre à cette époque: mais après qu’il fit le portrait de Lady Bechis, arbitre superbe de toutes les élégances, souveraine doucement dispotique de tous les salons du West-End, il n’y eut plus de rémunération excessive pourvu qu’on obtienne un portrait peint par ce little, wonderful Mister Boldini, et notre dandy put finalement se faire habiller par les tailleurs les plus réputés de Savile Road et chausser chez le fournisseur même du Prince de Galles.
Tout allait bien, donc, mais comme l’aurait dit plus tard Boldini lui-même, “on ne peut pas vivre longtemps loin des trottoirs de Paris”. Le fait d’être devenu dans un si bref delai le peintre préféré et recherché de la bonne société londonienne était sans doute une chose qui le flattait, imprévue et lucrative. Toutefois s’asseoir sur la terrasse d’une brasserie de Montmartre, voir défiler ce monde changeant, vital, suivre la silhouette et le rithme de ces jambes minces, nerveuses, “intelligentes”, que les belles dames ainsi que les midinettes endiablées laissaient entrevoir sous leurs longues jupes légères, encore presque des crinolines, et pouvoir dessiner en une heure mille choses différentes et imprévues…Autre que l’atelier de Hyde Park.!
Paris était en train de sortir de l’abîme tragique où l’avait jeté la defaite de 1870 à Sedan, avec l’enthousiasme frénétique d’une toute jeune fille qui sort indemne d’une maladie mortelle. Comment resister à un appel pareil? Décision napoléonienne, encore une fois: sans même pas achever le portrait d’une douce miss qu’il avait commencé, sans prévenir personne, Boldini, âgé de trente ans, en pleine forme, part à la conquête de la ville de ses rêves. Il s’établit à Montmartre, Avenue Frochot. Paris – comme il était fatal, prévisibile – lui ouvrit tout de suite ses bras. Deux différentes types de bras, pour ainsi dire. D’abord, celles des marchands. Il lui suffit de montrer au Goupil, le marchand connu, rien qu’un petit portrait (l’image délicate d’une petite anglaise) qu’il avait emporté de Londre, pour que ce commerçant rusé la lui achète à de très bonnes conditions toute en lui demandant avec insistence d’autres tableaux.
Puis, il connut Berthe, une modèle, juste le type capricieux, malicieux, changeant que Boldini aimait peindre, un petit être gracieux, qui savait “poser” par instinct, sans effort, à tout moment, avec une patience souriante…et qui tomba amoureuse de cet homme despotique. À son aise dans le milieu des artistes et des marchands, elle lui en dévoila toutes les astuces, lui découvrit un atelier Place Pigalle, où Boldini vécut pendant onze ans, elle l’encouragea même – très facilement, sans doute – à élever ses prix.. Libre comme l’air, dispensé d’engagements mondains, Boldini put se consacrer pleinement à son sport favori, le travail, qui en cette periode prit deux directions: d’un côté, de petites scènes de vie quotidienne, pic-nic sur l’herbe, rencontres entre amoureux, visions rapides de l’univers bariolé qu’il pouvait observer directement par les fenêtres de son atelier; de l’autre, tableaux de genre, scène avec personnages en costumes anciens à l’intérieur de salons somptueux ou dans le parc de Versailles, bref, le genre Meissonier qui à l’époque faisait fureur et que les antiquaires lui demandaient sans cesse.
Il travaillait en attendant le moment où il volerait plus haut et toujours plus sûr de soi-même. Il se retrouvait parfois dans les cafés avec ses illustres collègues – Degas, Lautrec, Manet, Gervex, Gerôme – mais il préférait passer les soirées au théâtre pour observer et prendre des notes. Il suivait, naturellement, l’oeuvre des autres artistes (Degas surtout), mais la flambée de l’Impressionnisme ne l’effleura même pas. Il fut parmi les tous premiers à comprendre que les “etiquettes”, les définitions ne servaient à rien, sauf “à fair bavarder” comme au Caffè Michelangiolo.
Qu’est-ce qu’ils avaient en commun, par exemple, les impressionnistes Degas et Renoir? Non, quant à lui, il aimait mieux la splendid isolation. Son moment serait arrivé seulement grâce aux deux forces qui l’avaient toujours aidé et poussé: le travail et…la femme. En fait, Boldini rencontre la brune, charmante comtesse Gabrielle de Rasty. Si la pauvre petite Berthe lui avait révélé les secrets de Montmartre, Gabrielle lui dévoilera ceux de la haute société parisienne. Il se mettent toute suite en couple. Berthe, la grisette, glissera petit à petit dans le passé tandis que pour Boldini commence, à trente-deux ans, la période décisive de sa carrière.
À présent il place sur son chevalet des toiles de deux mètres de hauteur et il les assaillit, en leur donnant des coups de pinceaux qui font penser à des coups de sabre.
Une vraie force de la nature, témoigne qui a eu le privilège d’assister à quelques unes de ces “séances”.
Le defilé des images féminines commence, images qui vont marquer une époque de l’histoire de l’art et du costume: Cléo de Merode, Lina Cavalieri, la marquise Casati, la princesse Bibesco, l’Infanta Eulalia d’Espagne, mademoiselle Lanthelme, Donna Franca Florio, la princesse Murat, madame Vanderbilt, la comtesse Ritz et la duchesse Consuelo de Malborough, madame Victor-Hugo…Un discours à part mériteraient aussi les portraits masculins: Robert de Montesquiou, Henri-Rochefort, le peintre Whistler, Willy et, chef-d’oeuvre parmi les chefs-d’oeuvre, celui au pastel de Giuseppe Verdi, aujurd’hui à la Galerie d’Art Moderne de Rome.
Pendant trente ans environ Boldini se prodigue, entouré par une faveur constante mais qui, étrange à dire, ne le touche pas au fond de son âme. Bien sûr, il est flatté par les femmes merveilleuses – et souvent complaisantes -, et les hommes les plus en vue qui de Paris comme de Londres, de New York comme de Buenos Aires accourent pour faire idéalement “la queue” devant la Maison Rouge du Boulevard Berthier afin d’obtenir l’honneur, pas toujours accordé, d’être portraités (à des prix vertigineux, des dizaines de millions d’aujourd’hui) par cet infernal petit magicien. Mais il est habitué à la célébrité, l’argent pour lui est plus une affirmation qu’un fin. En effet, il ne sera jamais vraiment riche. Il n’est pas prodigue, mais il a une prédisposition spéciale pour les spéculations ratées: le tristement célèbre “emprunt russe” lui engloutit une grande partie de sa fortune. Ce qui compte pour lui est travailler, encore et toujours.
Lorsque, au début du siècle, suite à un reflux naturel, une sorte de courante contraire s’agite contre lui, en l’accusant même de faire un art “immoral”, il n’en est nullement troublé; au contraire, entre un dîner et l’autre en compagnie de ses amis peintres Sem et Helleu, il peint de plus en plus “Boldini”, en conduisant à leurs conséquences ultimes, presqu’à la limite du surréalisme, du caricatural, sa techinique et sa vision. Il savait très bien qu’il était Boldini et que les autres – quelle que fût leur valeur, leur école – ne l’étaient pas. Arsène Alexandre, un des critiques les plus célèbres de l’époque, ouvert et sensible, écrivit dans le Figaro du 14 avril 1909:
Aujourd’hui son talent est parvenu au plus haut période. Je ne craindrai presque pas d’écrire que son portrait de Mme la marquise Casati est le plus beau morceau de peinture pure de tout le Salon. Il atteint, quel paradoxe! à une véritable grandeur, par ce qui semble en Art justement l’ennemi de la grandeur même: la plus hardie négation dans les lignes. C’est que cela est un si beau jet de dessin, d’une si forte et si sévère (mais oui, sévère) tenue d’harmonie, que, sur un thème essentiellement d’aujourd’hui, cela fait penser à la tenue des grands maîtres d’autrefois”.
Mais la vie coule rapide et si le peintre, d’abord âgé, puis vieux, très vieux, ne connaît pas de repos, ne veut pas encore renoncer, sa main n’a plus la force et la légereté qui pendant presqu’un siècle l’avaient privilégiée. Dans les toutes dernières années il fallait lui ôter doucement les tableaux qu’il aurait voulu corriger parce qu’ils lui semblaient monochromes. C’était une chose déchirante, me disait Emilia Cardona, que le peintre avait épousée presqu’au seuil de ses quatre-vingt-dix ans (“J’aurais voulu l’adopter, mais il aurait fallut trop de temps”) et qui l’aida à conclure avec un ultime rayon de jeunesse sa longue existence. Peindre, encore, toujours…Dans les heures extrêmes, en percevant un sanglot de sa “Milly”, il tendit de son lit sa main tremblante, il souria, il dit: “Ne pleure pas, je vais guérir et je vais te faire un portrait, habillée d’un long, long vêtement noir. Le plus beau portrait de ma vie…”.
Il mourut à l’aube. Son pouce était encore levé, comme en retenant une grande palette. Personne n’arriva à le lui plier.

1842
Giovanni Boldini naît à Ferrare le 31 décembre, huitième enfant de Benvenuta Califfi (qui en aura cinq autres) et Antonio Boldini, originaire de Spoleto, peintre et restaurateur specialisé dans la peinture sacrée et dans les portraits. C’est lui qui introduira “Zanin” à la peinture.

1855
Il réalise sa première oeuvre connue, Il cortile della casa paterna.

1858
Il fréquente au Palais des Diamants les cours de peinture de Girolamo Domenichini – auteur avec son père des fresques académiques dans le théâtre local – et de Giovanni Pagliarini. C’est l’occasion pour lui d’approfondir sa connaissance des grands Maîtres de Ferrare du XV siècle, ainsi que Dosso Dossi et le Parmigianino.

1860
Après avoir consacré les premières années da sa formation artistique à la copie des chefs-d’oeuvre de la Renaissance, il acquiert une certaine célébrité à Ferrare en qualité de portraitiste, alors qu’il n’a que dix-huit ans.

1862
Grâce au petit héritage de son oncle prêtre et conseillé par son père, il se déplace à Florence pour s’inscrire à l’Académie des Beaux Arts, où Stefano Ussi et Enrico Pollastrini donnent des cours. En raison de son caractère rebelle, il ne fréquentera pas longtemps l’institut. Lors de son séjour florentin, il est introduit par Michele Gordigiani et Cristiano Banti dans le groupe des “Macchiaioli” ainsi que dans le milieu du Cafè Michelangiolo.

1863-1864
À Florence il fréquente aussi le Cafè Doney et il entre en contact avec les intellectuels et les personnalités arrivées de l’étranger qui résident en Toscane, des russes Laskaraki aux anglais Falconer, qui l’invitent souvent dans leur villa de Pistoia, “La Falconiera”.

1865
Il est invité à Castiglioncello par Diego Martelli, dont il réalisera un portrait deux ans plus tard (Galerie d’Art Moderne, Florence).

1866
Il se rend à Naples avec Cristiano Banti où il reste fasciné par le milieu parthénopéen et par l’originalité de certains des peintres naturalistes du lieu. Il réalise quelques portraits de son collègue peintre ainsi que de sa famille. Ses oeuvres sont appréciées mais aussi critiquées dans le milieu des Macchiaioli pour la couleur “toujours belle et lucide”.

1867
Il réalise le portrait des Soeurs Laskaraki (Ferrare, Musée Boldini) et il reçoit sa première commande importante, c’est à dire la décoration “a tempera” de la Falconiera de Pistoia, avec des scènes agrestes situées dans des paysages toscans. Il fait un voyage en France avec les Falconer. À Monte-Carlo il peint le Generale spagnolo, une des oeuvres les mieux réussies de sa jeunesse, comme il le dira lui-même. À Paris, il visite l’Exposition Universelle et il fait la connaissance d’Edgar Degas, Alfred Sisley et Édouard Manet. Il a aussi la possibilité de se mesurer avec les Maîtres les plus en vogue de la capitale, tels que Gérôme et Meissonier.

1870
Il achève les fresques à la Falconiera. Il se rend à Londres, invité par William Cornwallis West, connu à Florence et qui met à sa disposition un atelier dans le centre de la ville. Il admire les portraits anglais, en particulier ceux de Gainsborough, qu’il a vu en compagnie de Turner. Il réalise avec succès plusieurs portraits des dames du lieu.

1871
Il se rend à Paris où il ouvre un atelier avenue Frochol, puis place Pigalle, où il habite avec son modèle Berthe. Il travaille pour le puissant marchant d’art Goupil – pour qui travaillent déjà Giuseppe Palizzi, de Nittis, Fortuny et Messonier – et il réalise une serie de tableaux de petite taille, représentant des scènes de genre du XVIII siècle.

1874
Il présente avec succès au Salon Les blanchisseuses (Le lavandaie). Il rompt avec Berthe, femme d’origine humble, et il commence une relation avec la comtesse Gabrielle de Rasty, qui va l’introduire dans la haute société de la capitale.

1875
Il expose au Salon un Portrait de la Comtesse de Rasty, sa nouvelle muse inspiratrice. C’est à partir de cette période qu’il commence à étirer son coup de pinceau et que débute la periode décisive et fulgurante de sa carrière.
Au mois de mai il rentre brièvement à Ferrare à la suite de la mort de sa mère.

1876
Il va en Allemagne, où il rencontre le peintre Menzel dont il fait le portrait, et en Hollande, où il reste subjugué par les oeuvres de F. Hals.
Il s’impose comme portraitiste de renom, en devenant un “monstre sacré” du Paris fin de siècle aves ses créatures féminines frétillantes et serpentines.

1880
À partir de cette date il intensifie la production de pastels.

1885
Il se rend à Nice, puis à Florence, invité par Banti.

1886
Il déménage de la Place Pigalle pour l’élégant boulevard Berthier, où il fait le portrait de Giuseppe Verdi – compositeur qu’il adore et qu’il avait connu après l’avoir vu diriger à l’Opéra – dans le très célèbre pastel aujourd’hui conservé à la Galerie d’Art Moderne de Rome.
Le succès de Boldini en tant que peintre mondain est confirmé par la moisson de portraits qui lui sont commandés par les protagonistes du “tout Paris”.

1889
Il est nommé commissaire de la section artistique à l’Exposition Universelle de Paris. À cette occasion il présente huit oeuvres, dont le Portrait de Verdi et celui de Emiliana Concha de Ossa, la nièce de l’ambassadeur chilien auprès du Vatican. Le tableau, connu aussi comme Pastello bianco, est un exemple magistral de cette technique employée sur de larges surfaces.

1889
Il se rend en Espagne avec Degas. Le voyage marque un renouvellement de sa peinture, sur laquelle agissent désormais pleinement les ferments de la décennie formative d’incubation.

1890
Meissonier donne naissance, avec Puvis de Chavannes, à la Société Nationale des Beaux-Arts, issue de la secession du Salon des Indépendants qui, n’ayant pas de jury ni ne prévoyant aucun prix, offre à n’importe quel artiste la possibilité d’exposer ses oeuvres. À cette initiative s’unissent aussi Boldini, Sisley, Blanche et Rodin.
C’est probablement après avoir connu la production du peintre suédois Anders Zorn qu’il choisit d’agrandir la dimension de ses toiles.

1892
Il rentre en Italie, à Montorsoli, chez Banti, pour satisfaire la demande du Musée des Offices d’un Autoritratto, qu’il réalise en échange d’un moulage du buste du Cardinale de’ Medici de Bernini.
Il rentre à Paris, où pendant un an il donne des leçons de peinture à la jeune et riche américaine Ruth Sterling.

1900
Il participe de nouveau à l’Exposition Universelle de Paris avec les portraits de Whistler (Brooklyn Museum, New York) et de l’Infanta Eulalia di Spagna (Musée Boldini, Ferrare).
C’est au cours de cette année qu’il est invité à Palerme par la famille Florio, afin de réaliser le portrait de la baronne Franca. Le tableau va être ensuite modifié selon les désirs du mari qui le considère excessivement “osé”.

1904
Il demande en mariage Alaide Banti, la fille de son ami peintre dont il avait plusieurs fois réalisé le portrait, mais l’union ne se concrétisera pas. À Paris il a une liaison avec Madame de Joss de Couchy.

1914
Au début de la première guerre mondiale, il se rend à Londres, puis sur la Côte d’Azur, à Nice, avec son nouveau modèle Lina, jusqu’au 1918.

1916
Un sérieux problème de vue l’oblige à reduire son activité.

1918
Lorsque la guerre se termine, il rentre à Paris, où l’année suivante le gouvernement français lui accordera la Legion d’Honneur.

1926
Malade, sa vue de plus en plus affaiblie, il connaît à l’occasion d’une interview pour “La Gazzetta del Popolo” la journaliste trentenaire italienne Emilia Cardona, qui va devenir sa femme le 29 octobre 1929.

1931
Il meurt à Paris le 11 janvier, âgé de 89 ans, au terme d’une carrière artistique glorieuse.

1909
A. Soffici, Italiani all’estero. Boldini, in “La Voce”, 18 marzo

1925
F. De Pisis, Una visita a Giovanni Boldini, in “Corriere Padano”, 4 ottobre

1931
J.E. Blanche, Portraits féminins de Boldini, in “L’Illustration française”, 5 dicembre
E. Cardona, Vie de Jean Boldini, Figuière, Parigi
U.Ojetti, Boldini, in “Corriere della Sera”, 13 gennaio

1932
A. Cecioni, Opere e scritti, a cura di E. Somaré, Edizioni d’Arte moderna L’Esame, Milano

1934
M. Tinti, Giovanni Boldini ante Parigi, “Emporium”,  luglio

1937
E. Cardona, Lo Studio di Giovanni Boldini, Rizzoli, Milano

1943
E. Piceni, Ritratto della marchesa. Un perito d’arte nega che si tratti di un Boldini, in “Corriere d’Informazione”, 21-22 luglio

1949
E. Piceni, Per colpa del pittore la bimba fu bocciata, in “Corriere d’Informazione”, 28-29 maggio

1951
E.Cardona, Boldini nel suo tempo, Daria Guarnati, Milano

1962
D. Cecchi, Giovanni Boldini, Unione tipografico-editrice torinese, Torino

1966
E. Cardona-R. De Grada-E. Piceni, Boldini, Il Torchietto, Milano

1970
E. Camesasca, L’opera completa di Boldini, introduzione di C.L. Ragghianti, Rizzoli, Milano
D. Martelli, Esposizione di Belle Arti in Parigi 1870. Impressioni in punta di penna, in “La rivista Europea”, II, 3, Firenze, 1 agosto 1870
D. Prandi,
Catalogo dell’opera incisa di Giovanni Boldini, Reggio Emilia

1981
S. Bartolini, Giovanni Boldini. Un macchiaiolo a Collegigliato, Il Torchio, Firenze
E. Piceni, Boldini. L’uomo e l’opera, Bramante, Milano

1982
V. Doria, Boldini inedito, Grafis, Bologna

1989
P. Dini, Boldini Macchiaiolo, Umberto Allemandi, Torino

1997
A.Buzzoni-M.Toffanello (a cura di), Museo Giovanni Boldini. Catalogo generale completamente illustrato, ed. Ferrara Arte, Ferrara

1998

M. M. Lamberti, La Maison Goupil e gli artisti italiani, in catalogo della mostra (Livorno, 1998-1999), pp. 60-65
G. Matteucci, “Intender non la può chi non la prova…”, in catalogo della mostra (Livorno, 1998-1999), pp. 9-28
T. Panconi, Giovanni Boldini. L’uomo e la pittura, Pacini Editore, Pisa

2000
B. Doria, Catalogo generale degli archivi Boldini, Rizzoli, Milano

2001
G. Belli, Impressionisti? No grazie!, in catalogo della mostra (Trento, 2001), pp. 11-15
A. Borgogelli, Boldini a cavallo di due secoli, in catalogo della mostra (Trento, 2001), pp. 31-45
F.Dini, In margine al centenario della scomparsa dell’insigne compositore: Boldini e Verdi, in “Nuova Antologia”, vol. 587, fascicolo 2220, Firenze
C. Sisi, Diego Martelli e la nouvelle peinture, in catalogo della mostra (Trento, 2001), pp. 23-29

2002
F. Dini-P.Dini, Giovanni Boldini (1842/1931). Catalogo ragionato, Umberto Allemandi, Torino
T. Panconi, G.Boldini. L’opera completa, Edifir, Firenze

2005
F. Dini, Dalla “macchia” alla Belle Epoque: il geniale virtuosismo di Boldini, in catalogo della mostra (Padova, 2005)
F. Mazzocca, Il genio inafferrabile di Boldini e la sua discussa fortuna, in catalogo della mostra (Padova, 2005)
T. Panconi, Giovanni Boldini, un geniale antipatico, in “L’Ottocento, indagini etiche ed estetiche per il collezionista d’arte”, Pisa
C. Sisi, Boldini, Goupil e il Settecento ritrovato, in catalogo della mostra (Padova, 2005)

2009
F. Dini, Boldini e gli “artisti italiani di Parigi”, in catalogo della mostra (Roma, 2009-2010)

2011
M. Doria, I disegni di Giovanni Boldini: catalogo generale, Skira, Milano

2015
N. Colombo, Belle Epoque. La Parigi di Boldini, De Nittis e Zandomeneghi, in catalogo della mostra (Milano, 2015-2016), pp. 9-13

1897
New York, Wildenstein Gallery, autunno

1900

Parigi, Exposition Internationale  Universelle de 1900. Catalogue officiel spécial d’Italie

1948
Buenos Aires, Wildenstein Gallery, Expocition Boldini, (data da verificare)

1933
New York, Wildestein&co., Loan Exhibition of Painting by Boldini, 20 marzo-8 aprile

1960
Ferrara, Palazzo dei Diamanti, Boldini al Palazzo dei Diamanti

1959
Firenze, Istituto Francese, Boldini e Parigi. Acquerelli e disegni, a cura di E. Piceni, 25 maggio-15 giugno

1963
Ferrara, Casa Romei, Boldini, a cura di E. Cardona Boldini-G.Gelli-E. Piceni, luglio-ottobre
Parigi, Musée Jacquemart-André, Boldini, a cura di E. Cardona Boldini-E. Piceni, marzo-maggio

1984
New York, Stair Sainty Matthiesen, Three Italians Friends of the Impressionists. Boldini, De Nittis, Zandomeneghi, a cura di G. Matteucci-E. Steingräber, 14 marzo-20 aprile
Pistoia, Convento di S. Domenico, Giovanni Boldini, a cura di P. Dini, 28 settembre-15 novembre

1986
Montecatini Terme-Torino, Azienda Autonoma di Cura e Soggiorno-Mole Antonelliana, Dal Caffè Michelangelo al Caffè Nouvelle Athènes. I Macchiaioli tra Firenze e Parigi, a cura di P. Dini, 23 agosto-5 ottobre, 25 ottobre-30 novembre

1988
Montecatini Terme, Azienda Autonoma di Cura e Soggiorno, La donna e la moda nella pittura italiana del secondo ‘800 nelle collezioni private, a cura di P. Dini, 30 luglio-30 settembre

1998-1999
Milano, Museo della Permanente, Una stanza a Montmartre. Il paesaggio francese nella pittura italiana da Boldini a Birolli, a cura di A. Ghinzani-G. Raboni, 7 novembre-3 gennaio
Livorno, Villa Mimbelli, Museo Civico “Giovanni Fattori”, Aria di Parigi nella pittura italiana del secondo Ottocento, a cura di G. Matteucci, 4 dicembre-5 aprile

2001
Trento, Palazzo delle Albere, Boldini, De Nittis, Zandomeneghi. Mondanità e costume nella Parigi fin de siècle, a cura di G. Belli, 12 aprile-29 luglio

2003
Ferrara, Palazzo dei Diamanti, Degas e gli italiani di Parigi, a cura di A. Dumas, 14 settembre-16 novembre

2005
Padova, Palazzo Zabarella, Boldini, a cura di F. Dini-F. Mazzocca-C. Sisi, 15 gennaio-29 maggio

2006
Castiglioncello, Centro per l’arte Diego Martelli-Castello Pasquini, Boldini, Helleu, Sem. Protagonisti e miti della Belle Époque, a cura di F. Dini, 7 luglio-12 novembre

2007
Barletta, Palazzo della Marra, Pinacoteca G.De Nittis, Zandomeneghi, De Nittis, Renoir. I pittori della felicità, a cura di T. Sparagni-E. Angiuli, 31 marzo-15 luglio

2008
Montecatini Terme, Terme Tamerici, Boldini. Mon amour, a cura di T. Panconi, 18 settembre-30 dicembre

2009-2010
Ferrara-Williamstown, Palazzo dei Diamanti-Sterling and Francine Clark Art Institute, Boldini nella Parigi degli Impressionisti, a cura di S. Lees, 20 settembre-10 gennaio, 14 febbraio-25 aprile
Roma, Chiostro del Bramante, Boldini e gli italiani a ParigiTra realtà e impressione, a cura di F. Dini, 14 novembre-14 marzo

2011
Como, Villa Olmo, Boldini e la Belle Époque, a cura di S.Gaddi-T.Panconi, 26 marzo-24 luglio
Milano, Galleria Bottegantica, Giovanni Boldini. Capolavori e opere inedite dall’Atelier dell’artista, a cura di S. Bosi-E. Savoia, 25 febbraio-30 aprile

2013-2014
Rovigo – Bordeaux, Palazzo Roverella, Galerie des Beaux-Arts, La Maison Goupil e l’Italia. Il successo italiano a Parigi negli anni dell’Impressionismo, a cura P. Serafini, 22 febbraio – 23 giugno 2013, 23 ottobre 2013-2 febbraio

2014-2015
Milano, GAM Manzoni, Boldini. Parisien d’Italie, a cura di F.L. Maspes-E. Savoia, 24 ottobre- 18 gennaio
Milano, GamManzoni Centro Studi per l’Arte Moderna e Contemporanea, Belle Epoque. La Parigi di Boldini, De Nittis e Zandomeneghi, 23 ottobre-21 febbraio

2015
Forlì, Musei di San Domenico, Boldini. Lo spettacolo della modernità, a cura di F. Dini-F. Mazzocca, 1 febbraio-14 giugno

2017
Roma, Complesso del Vittoriano, Giovanni Boldini, a cura di T. Panconi, S. Gaddi, 4 marzo-16 luglio